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BIOGRAPHIE Hervé MARIGLIANO

 











Après les arts martiaux japonais qu'il pratique depuis 1971, Hervé Marigliano décide à la fin des années 80 de retrouver en Chine les racines du Budo. Ainsi, il part vivre et étudier de 1990 à 1993 sur l'île chinoise de Taiwan les arts martiaux et la médecine traditionnelle chinoise auprès de grands maîtres à l'instar de Lee Chin-nan et de Huang Lin-lin. En 1991, il rencontre pour la première fois le grand Maître de Bagua Zhang, Luo De-xiu qui accepte un défi amical. Pour Hervé Marigliano, c'est la révélation d'un art martial extraordinaire dont il deviendra adepte en 1993. Dès lors, Hervé Marigliano qui est rentré en France, a multiplié ses séjours d'études à Taiwan auprès du maître Luo De-Xiu pour parfaire son art du Bagua Zhang. En 1998, Maître Luo De-xiu désigne Hervé Marigliano disciple-professeur de Bagua Zhang. La cérémonie d'intronisation a lieu à Taipei en présence de proches de Maître Luo. Hervé Marigliano, qui considère le Bagua zhang, tant comme un art martial traditionnel qu'une discipline de développement personnel, continue aujourd'hui de transmettre avec enthousiasme son art du bagua zhang... sur la voie de Maître Luo De-xiu.


 









Vous avez débuté les arts martiaux très jeunes. Quel a été votre parcours initial ?

 
Tout d'abord, J'ai débuté à l'âge de 7 ans par le Judo au club de Villiers-sur-Orges dans l'Essonne. Puis, plus tard, j'ai poursuivi par du karaté. Je progressais plutôt bien grâce notamment à mon père, militaire de carrière, qui m'enseignait les techniques du close-combat et du tir. Adolescent, je devais éprouver mes techniques lors de combats réels, parfois assez violents dans la rue. En fait, ces expériences m'ont appris beaucoup sur la réalité du combat et ont déclenché une vraie réflexion sur la voie des arts martiaux. Dans les années 80, j'intégrais les cours d'aikido de Michel Cadiou à Langon en Gironde puis plus tard de Chinh Trinh en Eure-et-Loir. Ce fut le déclic. L'aikido, avec ses luxations, ses projections, ses mouvements circulaires, m'ouvrait de nouveaux horizons.




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Lorsque vous êtes arrivé à Taiwan...
Avez-vous recherché un professeur d'art martiaux en particulier ?
Et qu'est-ce qui vous a conduit à Taiwan ?

 
Tout d'abord, j'avais étudié le chinois et j'avais déjà effectué plusieurs séjours à Taipei chez des amis. Passionné par la culture chinoise, j'ai décidé de m'installer dans ce paradis du kung fu. Assez curieusement, j'ai souhaité poursuivre, en marge de l'étude du tai ji quan, ma pratique de l'aikido. C'est pourquoi, en 1991, je suis devenu à Taïwan l'élève du grand Maître d'Aikido Lee Chinh-nan, 7e Dan, disciple de Morihei Ueshiba. Ayant obtenu ma ceinture noire, j'ai participé auprès de maître Lee à la vie de l'association d'aikido de la République de Chine de Taiwan. En 1992, j'ai contribué à l'organisation à Taïwan du 6e congrès de la fédération international d'aïkido. C'était l'occasion pour moi de dialoguer avec les grands maîtres de l'Aikikai tels que Moriteru Ueshiba ou Yamagushi sensei. Des rencontres inoubliables. Ma vie d'aikidoka à Taiwan a aussi été marquée par les compétitions. En effet, maître Chinh-nan Lee avait instauré, à rebours des principes de non sportivité, prônées par l'aikikai de Tokyo, un système de compétition unique au monde. La philosophie de l'aikido restant sauve, j'y ai participé plusieurs fois décrochant en 1992 la médaille d'argent des championnats d'aikido de Taiwan. Quelques années après, je suis parti vivre à Hokkaido au Nord du Japon pour pratiquer le Daito-ryu Aikijujutsu chez un maître issu de l'école de Sokaku Takeda sensei, le professeur de Morihei Ueshiba. Je cherchais les racines de l'aikido, j'ai découvert des techniques linéaires et très martiales. assez éloignées de l'art circulaire de Morihei Ueshiba qui rappelons-le, a aussi étudié le bagua zhang en Chine.

Je suis parti vivre à Hokkaido au Nord du Japon pour pratiquer le Daito-ryu Aikijujutsu chez un maître issu de l'école de Sokaku Takeda sensei, le professeur de Morihei Ueshiba. Je cherchais les racines de l'aikido, j'ai découvert des techniques linéaires et très martiales. assez éloignées de l'art circulaire de Morihei Ueshiba qui rappelons-le, a aussi étudié le bagua zhang en Chine.

C'est aussi à Taïwan que j'ai rencontré Philippe Grangé, un français experts d'arts martiaux japonais et chinois, qui a passé près de dix ans à Tokkyo pour suivre les cours de l'Aîkikai ainsi que Su Dong-chen, un maître exceptionnel, frère d'école de maître Luo De-xiu. Philippe Grangé et moi sommes rentrés en France à la même époque. Nous habitions tous les deux près de Bordeaux où nous avons créé une association. Il est devenu mon professeur pendant plusieurs années durant lesquels il m'a enseigné le système de Su Dong Chen, en partiuclier le Bagua Zhang. Son enseignement fut d'une grande richesse et eu un fort impact sur mon cheminement.



 






Il existe une grande variété de style d'arts martiaux à Taiwan.
Pour quelles raisons vous êtes-vous concentré sur les styles internes ?

 
Quoiqu'il existe à Taiwan de valeureux artistes martiaux dans plusieurs styles, j'étais déterminé à vérifier si les histoires que j'avais lues et entendues à propos des arts internes étaient exactes. Pour être clair, je ne cherchais pas à découvrir un maître avec des pouvoirs mystérieux qui projetait ses adversaires sans contact physique. Non, je cherchais en réalité un art dans lequel le souple pouvait réellement surpasser le dur et la force brutale. J'ai commencé à travailler le Tai ji quan au parc Sun Yat-sen de Taipei sous l'égide de Maître Huang Lin-lin. Les cours avait lieu très tôt, à partir de 5h30 le matin. J'enchaînais généralement par une heure d'aikido au dojo de maître Lee avant d'aller travailler puis de pratiquer encore le soir le kungfu ou l'aikido.








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Comment s'est déroulé votre première rencontre avec Maître Luo De-xiu ?

 
ohn Zimmerman, un américain que j'ai rencontré à Taipei me parla du bagua zhang, un kung fu qu'il qualifiait de redoutable et de très complexe... Mystère ! Il m'invita à l'accompagner un soir au cours que donnait maître Luo De-xiu dans un parc de Taipei. Là, les adeptes y pratiquaient seul ou en duo des techniques spécifiques. L'un d'eux pratiquait la marche en cercle avec une concentration extraordinaire, d'autres réalisaient des enchaînements de formes. Tout cela paraissait assez ésotérique. Finalement, je fus présenté à Maître Luo De-xiu qui accepta très naturellement un défi amical. Durant les dix minutes qui suivirent, ma témérité fut mise à rude épreuve. Les techniques du maître était fluides et sinueuses, puissantes et imprévisibles. Son art du combat était réellement impressionnant.



 











Quelle est sa relation avec les élèves ?
Maître Luo garde-t-il des techniques secrètes ?

 
Bien, mon maître, Luo De-xiu, provient d'une tradition où les techniques sont parfois gardées secrètes. Certaines choses sont enseignées tout à fait ouvertement, d'autres ne le sont pas tant que vous n'avez pas atteint un niveau adéquat. Et d'autres techniques encore ne sont pas enseignées du tout au public. Des années après ma première rencontre en 1991 avec mon maître Luo De-xiu, et après de nombreux et longs séjours d'étude à Taipei, je suis devenu en 1998 disciple- professeur. Au cours de la cérémonie d'intronisation, qui eut lieu à Taipei en présence d'un groupe de proches du maître Luo, un présent me fut offert en gage d'amitié. Ce jour-là, j'ai compris qu'une porte s'ouvrait. C'était le signe d'un nouveau départ sur la voie du Bagua Zhang. L'idée de s'accomplir en tant qu'artiste martial et être humain dans la pratique du Bagua zhang est, à mon humble avis, d'autant plus juste que Maître Luo De-xiu fait de la rigueur et de la liberté une extraordinaire alchimie.



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